Steve Boudreau
8 juin, 2010
Sports – Coupe du monde
MONTRÉAL – Un sentiment de déception bien trop familier régnait à l’intérieur du Burgundy Lion situé sur la rue Notre-Dame. Ce pub était le point de ralliement des partisans Britanniques qui ont du se contenter d’un verdict nul de 0-0 contre l’Algérie pour leur second match de cette Coupe du monde de soccer vendredi dernier.
« Comme à chaque année, nous espérons et nous prions », révèle Matthew Lachapelle, élevé au Québec par un père Britannique et propriétaire d’une agence de publicité. Les prières étaient effectivement de la partie. Chaque chance manquée, coup raté ou punition douteuse étaient suivis d’un regard collectif vers le plafond.
Les déboires de l’Angleterre lors de compétitions internationales sont bien connus des partisans. L’équipe a souvent été critiquée pour son manque de résultats et d’efforts (malgré un alignement vedette) contre des adversaires considérés comme étant moins compétitifs.
« En tant que Britannique, c’est quelque chose que j’ai l’habitude de voir, admet Chris Woodward, un amateur de football âgé de 29 ans. Ces gars-là font 55 000 livres (88 445$ CAN) par semaine, ils manquent de cœur ».
La dernière conquête d’une Coupe du monde par l’Angleterre est survenue en 1966. Depuis, les succès des joueurs Anglais au niveau professionnel combinés à leurs déboires sur la scène mondiale, ne font qu’ajouter à la frustration et l’inévitable déception des partisans.
Malgré tout, ils se présentent le visage rouge et blanc, ornant gilets et drapeaux dans l’espoir de voir leur équipe les rendre fier. Ce jeu représente bien plus qu’un simple divertissement pour eux.
« C’est ce qui me lie à mon pays, dit Woodward. En Angleterre, nous utilisons le soccer comme échappatoire. Nos performances sont si mauvaises qu’elles contribuent au cycle », ajoute-t-il.
Le cycle, dont il parle, fait référence à la situation économique précaire qui règne présentement dans son pays. Le manque d’emploi se fait beaucoup ressentir au niveau de la classe moyenne.
D’autres préfèrent se concentrer sur des aspects plus positifs.
« Ce sport rapproche les gens. Il n’y a aucune barrière raciale au football », mentionne Karim Allidima, étudiant en ingénierie.
Il reste que, néanmoins, une élimination hâtive de l’Angleterre ne serait pas bien perçue par les amateurs. Pour assurer que l’équipe fasse partie du groupe des 16 de la ronde suivante, une victoire en temps règlementaire est nécessaire contre la Slovénie mercredi. Autrement, les Britanniques devront attendre le résultat du match impliquant les États-Unis.
Deux scénarios qui ne font rien pour mettre en confiance les supporteurs des ‘Trois Lions’. Advenant une autre élimination rapide, ceux-ci pourront se rassembler de nouveau dans deux ans pour la Coupe Européenne de 2012 afin de reprendre le fameux cycle de la déception.

Cards are being tossed around in the back room of an old building on Masson street. Réjean Bergeron is all smiles despite the fact that he’s losing. That’s because he’s playing an old rival and friend of more than 45 years.
